Diafoirus

Les Diafoirus n’ont pas disparu

Molière en son temps faisait une critique hilarante des maîtres de facultés de médecine qui vivaient sur leurs certitudes datant des Anciens comme Hippocrate (460 – 370 avant J- C) et Galien ( 129 – 216), repliés sur une vision rétrograde et déconnectés des avancées scientifiques : c’étaient les Diafoirus.

Illustration éloquente avec le principe de la circulation sanguine qui opposa, pendant 50 ans, les professeurs de médecine français à l’Anglais William Harvey « découvreur » des lois de la circulation sanguine. Plutôt que de rabâcher sans cesse les mêmes pseudo-vérités héritées des Anciens, il préféra appliquer la devise pleine de bon sens et de sagesse du grand théoricien de l’empirisme  Francis Bacon : «  Expérimentons et observons ». Ainsi, en plaçant des garrots à des endroits précis du corps, il a pu démontrer que le sang ne se renouvelait pas en permanence mais qu’il se conservait et circulait perpétuellement, des organes vers le cœur via le réseau veineux et du cœur vers les organes via le réseau artériel. Le moteur de cette circulation n’étant autre que le cœur lui-même. Alors qu’en Angleterre cette nouvelle théorie fut bien accueillie, en France ce fut une levée de boucliers. Et là, les Diafoirus se déchainèrent, brillant une nouvelle fois par leurs commentaires très … pertinents !

Ainsi une sommité, un certain Guy Patin, doyen de la faculté, traita William Harvey de « circulator » autrement dit de charlatan. Le Professeur Jean Riolan se fit encore plus caustique «  Paradoxale, inutile à la médecine, fausse, impossible, inintelligible, absurde, nuisible à la vie de l’homme », et un autre de s’écrier : «  Je préfère me tromper avec Galien que de suivre, dans sa circulation, un charlatan comme Harvey », les gorges chaudes allaient bon train.

C’est finalement Louis XIV, qui sonna la fin de cette dispute en ordonnant d’enseigner la théorie circulationniste de Harvey au jardin Royal, l’une des nos plus vieilles institutions scientifiques, créée pour concurrencer la trop dogmatique Faculté de Médecine.

Autre temps autre mœurs me direz-vous ? Hélas non, ces Diafoirus pétris de certitudes, sévissent toujours, se faisant les chantres de la vérité, attaquant pêle-mêle l’homéopathie, la luminothérapie, la magnétothérapie, etc, et préférant avancer, le plus souvent, masqués derrière des pseudos.

Laissons aux Diafoirus du XXIème siècle leurs certitudes. La science continue à avancer les laissant au bord du chemin !

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