L’étrange sens magnétique du papillon bogong

Pour guider ses immenses migrations, ce lépidoptère australien nocturne s’appuie sur le champ magnétique terrestre. C’est une découverte inédite chez les insectes.
La vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût, pour chacun d’eux, nous autres humains apparaissons assez performants, même s’il se trouve toujours un animal pour nous surpasser : l’œil des rapaces, la truffe des chiens, l’oreille des chouettes ou encore la langue des cochons…
Il existe pourtant un sens dont nous semblons totalement dépourvus et que plusieurs animaux maîtrisent, au point de lui confier une partie de leur destin : la perception du champ magnétique terrestre. C’est en effet guidé par cette propriété de l’environnement que les saumons retrouvent leur rivière pour se reproduire. Les anguilles et les homards, les pigeons, les rousserolles et de nombreux oiseaux migrateurs, les tortues de mer et les rats-taupes profitent, eux aussi, des lignes de champ magnétique créées par la rotation du noyau de fer liquide du centre de la terre.
Chez les insectes, certaines abeilles et une espèce de fourmi du désert alimentaient déjà le soupçon. Les travaux de l’équipe d’Eric Warrant, de l’université de Lund, en Suède, viennent d’apporter la preuve que nos minuscules et lointains cousins peuvent, eux aussi, nous en remontrer. Dans la revue Current Biology, ils ont établi que pour accomplir leur migration, les papillons de nuit bogongs s’appuient bien sur la magnétoréception, une migration d’un millier de kilomètres.
Pendant l’hiver et le début du printemps, l’insecte occupe plusieurs régions de l’ouest de l’Australie où ses larves, puis ses pupes, dévorent l’herbe disponible. Mais les mois passant,, la température monte et la nourriture se fait rare. Des nuages de bogongs se lancent alors dans une migration d’un millier de kilomètres et convergent vers une petite zone des Alpes australiennes…
Et l’homme dans tout ça, mammifère le plus évolué, ne serait t-il lui aussi pas sensible aux champs magnétiques ? Un sixième sens que nous aurions certainement perdu, noyé dans le smog des ondes électromagnétiques mais que certains gardent encore sinon comment expliquer les sourciers ou tout simplement la sensibilité à l’orientation nord/sud
La nature ne cesse de nous étonner !

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